9.6.05

Un peu de cinéma

Après une décennie très riche dans l’entre-deux guerres (L’Ange Bleu, Fritz Lang, Friedrich Murnau), le cinéma allemand fut vite assombri par l’arrivée des Nazis au pouvoir et resta longtemps comparable au néant, d’où sa réputation pour le moins médiocre. Wim Wenders, Werner Herzog, Rainer Fassbinder marquent le renouveau du septième art dans le pays dès les années 1970 avec des chefs d’œuvres tels que Aguirre ou Les ailes du désir . L’Allemagne s’affirme dans le domaine du film d’auteur de tendance maniaco-dépressive, et l’on recommande aux âmes sensibles de s’abstenir. Les cinéastes retrouvent le sourire dès la fin des années 1990, et s’essaient même à la comédie. Film mythique pour les berlinois, Sonnenallee traite de l’époque du Mur, du Régime de la DDR et de la Stasi avec beaucoup d’humour. Bien que le douloureux passé de l’Allemagne continue à inspirer nombre de cinéastes, les thématiques sont abordées avec beaucoup plus de distance, de légèreté et même d’humour qu’auparavant. Il existe à présent une panoplie de petits films d’auteurs qui valent vraiment le détour, preuve en est le nombre croissant de films allemands présentés aux Berlinales. On a vu et on a aimé : Good bye Lenin, Rennt Lola rennt. On a bien rigolé sur « Sonnenallee ». Notre coup de cœur : Gegen die Wand (Head on) de Fatih Akin, une comédie dramatique bouleversante, qui met en scène deux jeunes turcs de deuxième génération en Allemagne, un film qui en dit long sur l’avenir de ce jeune metteur en scène. Il prépare d’ailleurs un nouveau film sur la musique turque actuelle : Crossing the bridge – The sound of Istanbul, à voir absolument sur grand écran depuis le 9 juin pour l'Allemagne, au mois de juillet pour les pays francophones.