10.4.05

Mike « supreme » Watt

Une fois de plus c’est en tâtonnant à l’aveuglette que nous sommes tombés sur un concert que l’on n’oubliera pas de sitôt. Classé icône du punk-rock underground des années 1980-1990, fondateur et leader des « Minutemen », futur bassiste d’Iggy Pop. Mike Watt se produisait samedi soir au Magnet Club avec les « Secondmen ». Un trio qui devait nous prouver que le punk-rock peut se passer de guitares, ou de guitaristes. A peine arrivés, l’ingénieur du son du groupe a le bon goût de nous passer « A love supreme », le chef d’oeuvre de Coltrane. Composé en 1965, annonciateur de la vague free jazz, l’album, en trois « mouvements » est resté une référence pour la plupart des jazzmen actuels et pour de nombreux amateurs de musiques improvisées et expérimentales.

Trêve de jazz et place au rock’n’roll, Mike Watt débarque sur scène épaulé par un batteur fin et puissant à la fois (je sais, ça ne veut rien dire, mais j’ai lu ça dans un magazine de musique et je trouvais ça joli) et par un claviériste qui tire les sons les plus improbables de son orgue Hammond et de son Leslie. Watt s’empare du micro et annonce la couleur : le premier morceau va être très strange, il faut ouvrir ses oreilles. Et effectivement, c’est un festival de décibels, une déferlante sonore (j’ai aussi lu ça dans un magazine, ça sonne bien non ?), un rock sauvage qui prend le public aux tripes. Bassiste audacieux, Watt martyrise son instrument et braille dans son micro, soutenu par le clavier qui sait aussi jouer de cet organe-là. Une heure de concert sans une baisse de régime… Pour les rappels, Mike Watt se réapproprie du Hüsker Dü ou du Bob Dylan et les passe à la moulinette bruitiste ! Remerciant le public berlinois et l’invitant à redécouvrir Coltrane, il dira aussi qu’il s’agit là de sa 55e tournée en 34 ans passés à écumer la scène. A noter pour la francophonie, son passage en Suisse les 16-18 avril (Fri-son et Kab-Usine) et le 9 mai à Bruxelles (Ancienne Belgique).

Composition à 4 mains par Loola et Bebop