28.10.04

Terry Callier au Quasimodo

Longtemps ignoré du grand public, les nombreux remixes, reprises, samples de ses morceaux (et même de ses fameux «vibratos») ont il y a plus de 10 ans fait surgir de l'ombre ce songwriter et poète jamais égalé. Terry Callier est désormais considéré comme une référence, et à juste titre: sa voix chaleureuse, son style oscillant entre pop, jazz et folk, le rendent unique. L'on ne pouvait raisonnablement pas, malgré une fatigue conséquente à un week-end bien chargé, manquer ce concert du dimanche au Quasimodo de Berlin.

Salle comble, enregistrement d’un DVD, public déchaîné, tout s’annonçait sous les meilleurs augures. Entrée en scène du maître, rayonnant, qui s'adresse au public en ces mots: "Je vous aime, j'aime les allemands. Il existe un seul interview de John Coltrane filmé, et cet interview a été réalisé par la Télé allemande...". Sous les cris chauvinisants du publics, la musique commence. Il suffit d’un ou deux morceaux pour envoûter la salle et réaliser que c’est bien et uniquement pour Terry Callier que l’on est venu.

On regrette en effet le peu de finesse de certains passages musicaux dans l’accompagnement. Aux synthétiseurs, les sons imités du fender rhodes et du piano sonnent comme de vieilles casseroles, les nappes de violons évoquent une musique qualifiée aujourd’hui « d’ascenseur ». A la guitare, le merveilleux Jim Mullen réhausse quelque peu le niveau par des riffs bien placés, des solis magnifiques, quelques notes légères pour souligner la mélodie. Bosco de Oliveira prouve encore une fois que les percussions sont faites pour la musique du Maestro.

Les 3 heures de musique démontrent la générosité du chanteur (certes peut-être encouragée par l'enregistrement d'un DVD) qui offrit un concert tout en douceur. Une belle manière de conclure un week-end berlinois...